Envie d’entendre jouer et chanter de belles et intelligentes lesb musiciennes? Alors venez nombreuses au concert 100% Girls organisé par l’Association Internationale des Femmes Musiciennes et l’AssosPiquante, le dimanche 05 juin 2011 à partir de 16h00. C’est ici que ça se passe:
(Cliquez sur l’affiche pour connaître les détails du programme)
Aujourd’hui, « formation collective »: du savoir nous est transmis gratos, à mes collègues et moi-même, soit environ 25 femmes pour 3 hommes qui tentent au quotidien d’accomplir leur lourde tâche.
J’apprends donc que selon un dénommé Michel Rouche, sociologue de son état (et détenteur de vérité, donc), nous serions passé du matriarcat au patriarcat vers 900 avant JC. Mais mieux encore, que plus récemment, le système patriarcal aurait définitivement cédé la place à l’aire du couple. Aaaamenn.
J’écoute avec attention, et fronce les sourcils en me disant intérieurement: « Ah, ben oui, d’ailleurs, le patriarcat on l’a laissé tellement loin derrière nous qu’un bail locatif peut encore exiger de moi que j’use de mon appartement en BON PÈRE DE FAMILLE (je suis sérieuse: article 1728 et suivant du code civil) ».
Je peux parfois ponctuer d’autres blogs de quelques commentaires farouches mais je ne sais vraiment pas me lever devant toute une assistance pour lui balancer à la tronche son aveuglement et ma colère. Et ça m’use. Parce que du coup je passe une journée plutôt pourrie, à ruminer dans mon coin, même (et surtout) après avoir tendu des perches à la pause déjeuner sans avoir provoqué aucune réaction parmi la gente féminine. Je n’en pense pas moins mais je l’ouvre peu. Enfin. Suffisamment pour qu’une de mes collègues m’ait déjà récemment imaginée en porte-étendard du féminisme avec un sourire en coin qui en disait long… Des fois j’aimerais comme avant ne rien voir de ce que je constate aujourd’hui tous les jours. Ne pas voir la docilité des femmes, l’hypocrisie des hommes, et plus généralement le déni de l’oppression masculine. Parce que c’est épuisant de toujours ressentir cette impuissance. Mais revenons à nos brebis.
So, un tantinet agacée en rentrant, je m’en vais donc taper Michou sur internet afin d’approfondir mes connaissances, mais surtout -soyons honnête- pour vérifier le bien-fondé de mon scepticisme du jour (jour qui, soit dit en passant, m’aura quand même appris 2-3 choses intéressantes).
Et je trouve un premier article publié sur… Tadaaaa!… Le site du Rotary (vous savez, ces clubs de gens aisés qui font des œuvres de bienfaisance pour avoir bonne conscience), dont je vous livre les plus beaux extraits:
« A la naissance, [les Amazones] étranglaient les garçons, gardaient les filles et les élevaient dans le métier de guerrières » (Rhoo les vilaines. A en croire Michou, les violences engendrées par les sociétés matriarcales étaient les pires de toute l’histoire de l’humanité… hum)
« Le système patriarcal est cependant, n’en déplaise aux féministes actuels, l’élément d’un progrès fondamental (…) » (parce que le contrôle total des femmes par les hommes a gracieusement permis l’émergence de l’in-dis-pen-sable cellule parentale père/mère; eh oui, nous étions donc obligées d’en passer par là)
« C’est donc une aube nouvelle qui s’ouvre devant notre époque. C’est ce que j’appelle le couple du mutuel respect, celui où le rapport de force de dominant à dominé est détruit (…) » (donc tout va bien maintenant, à part qu’une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son conjoint)
Hier, à l’occasion d’un hommage jazz/hip-hop à Nina Simone animé par Napoleon Maddox, j’ai eu la chance d’être décoiffée par cinq chanteuses et Beatboxeuses appellées « The Boxettes » :
Je vous laisse découvrir ce morceaux intégralement A’Cappela et vous souhaite d’avoir autant de frissons que moi en entendant le son de basse produit par Bellatrix, championne du monde 2009 de Beatbox :
Et si vous ne me croyez pas ou si vous voulez mieux comprendre, allez voir la vidéo!
Ma petite protégée du jour, une mini-dyke, une bébé-butch, une chouette môme catch-catch, son visage fermé, sa trouille au ventre, face à lui, qui gesticule des images de méchanceté tandis que sa soupirante fulmine derrière la vitre, moi, qui lui vole la place, refusant qu’elle puisse lui offrir la moindre force, je la sens derrière moi, dans l’autre camp, attendant ses regards -bordel, mais qu’elle idée d’aller se pendre au cou d’une pareille ordure?!-, d’autres regards que ceux de celle que je sens comme sous mon aile, ceux qui cherchent parfois de mon côté, ceux qui sont un peu perdus mais qui s’installent pourtant, qui prennent possession des lieux, ceux qui écoutent, car elle seule a le son, elle seule entend celui qui s’explique, longtemps, elle fait non de la tête, non ce n’est pas vrai, elle lève les yeux au ciel, elle pleure, elle est courageuse, elle se lève, elle parle, elle ne voulait pas parler, non, elle parle, elle avait dit qu’elle refuserait de parler, elle parle aux femmes plus en hauteur, aux femmes qui manquent à notre champ de vision, cinq femmes drapées de leur robe de justice, elle s’assoie, elle attend, elle sort, je la félicite, je la serrerais bien dans mes bras, je la porterais bien en triomphe au travers des couloirs avec sa mère et ses copains-copines, ouala, elle raconte, ouala, elle sourit, ouala, elle a du cran cette petite, ouala, il a même chialé le bougre, ouala, elle est fière d’elle… ouala, aujourd’hui elle a gagné et nom de dieu que c’est beau à voir !!!
Aujourd’hui, dans le cadre de mon travail, j’ai croisé une policière. Assez butch, avec un truc extraordinairement sensuel dans la voix… genre Anne F. Garréta en uniforme. Quand elle a dit: « vous pouvez y aller »… Wouwwww… J’en aurais presque perdu mon sens de l’orientation! Je n’avais jamais fantasmé sur la chanson des Sexy Sushi, mais en tout cas là, sur le moment, ça ne m’aurait pas déplu qu’elle m’interpelle!